Qu'est que l'arithmomètre Thomas ?


Mise à jour Septembre 2016

C'est une machine à calculer entièrement mécanique capable d'effectuer les quatre opérations de l'arithmétique (Addition, Soustraction, Multiplication et Division). Elle a été inventée par un français, Thomas de Colmar, en 1820. C'est la première machine au monde à avoir été commercialisée et produite en série. Elle règnera en maître pendant pratiquement toute la seconde moitié du 19ème siècle. Tout au long de sa vie, l'inventeur ne cessera de la perfectionner. A sa mort, en 1870, son fils Thomas de Bojano, puis son ingénieur Louis Payen, en continueront la production. Ses qualités intrinsèques feront qu'elle sera inlassablement clonée par de très nombreux constructeurs européens. En 1915, Alphonse Darras tentera de reprendre l'affaire, mais la guerre, et surtout l'omniprésence de machines plus performantes et moins chères, auront raison de l'arithmomètre Thomas!

 


Comment ça marche ?

 

Ne vous inquiétez pas ! C'est vraiment pas compliqué ... L'ouverture de la boite laisse apparaître une platine fixe composée de curseurs de pose, d'un inverseur de marche (Addition / Soustraction), et d'une manivelle. Une platine mobile, appelé chariot, possède des lucarnes qui affichent le résultat de l'opération (le totalisateur),ainsi que le nombre de fois que l'on a tourné la manivelle (le compteur). Un astucieux mécanisme permet de tout remettre à zéro (boutons effaceurs).

Addition

On déplace un à un les curseurs sur une échelle de 0 à 9 jusqu'au nombre souhaité. On tourne ensuite la manivelle une fois, et "comme par enchantement", le nombre apparaît dans les lucarnes du totalisateur ! Pour additionner un nombre à celui déjà enregistré, rien de plus simple ! On re-déplace les curseurs jusqu'à la valeur souhaitée, et on tourne une nouvelle fois la manivelle. Le total apparait alors dans les lucarnes du totalisateur.

Multiplication
La multiplication n'est qu'une somme d'additions !! 2012 x 3 , c'est 2012 + 2012 + 2012. Il suffit donc, après avoir posé le nombre 2012, de tourner 3 fois la manivelle, et le tour est joué, si l'on peut dire ! Dans le cas d'un multiplicateur à plusieurs chiffres (par exemple x23), le chariot mobile devient alors utile. On pourrait certes tourner 23 fois la manivelle, mais il y a plus rapide ! Le mieux est de travailler par rang décimal. Non Non ! Ne décrochez pas ! On s'occupe d'abord les unités (3), puis les dizaines (20). Pour ce faire , on va tourner 3 fois la manivelle, puis on va décaler le chariot d'un cran vers la droite et tourner 2 fois la manivelle. Le compteur de tours affichera alors 23 et le totalisateur 46276

Soustraction / Division
L'inverseur de marche permet tout simplement de fait tourner le totalisateur dans le sens inverse. ET oui ! De la même manière, on peut dire qu'une division n'est aussi qu'une somme de soustractions !!!

Un peu de mécanique...
Tout le génie de l'arithmomètre se cache sous le "capot". Lorsque l'on déplace un curseur, un pignon mobile monté sur axe carré vient se positionner le long d'un cylindre possédant des dentures de longueurs inégales. Pour le chiffre 4 par exemple, le pignon va rencontrer pendant la rotation du cylindre 4 dents et transmettre 4 unités au totalisateur par un jeu de rouages. Toute l'astuce est là !!
L'autre élement clé est la transmission mécanique de la retenue. Et oui ! si l'on additionne 6 + 4, il faut que le totalisateur affiche 0 dans la lucarne des unités et 1 dans celui des dizaines. On peut dire que ce problème de retenue a été la bête noire de nos inventeurs depuis Pascal, jusqu'à Thomas !

Mais ceci est une autre histoire ! ...Je vous avais promis de vous présenter l'arithmomètre en deux minutes ...

 

www.arithmometre.org
2016