Les constructeurs
       
Devrine
Piolaine
Hoart
Payen
Darras

Mise à jour Mars 2013

On dispose de peu d'informations sur les ingénieurs mécaniciens qui travaillèrent aux côtés de Thomas de Colmar pour construire et améliorer son arithmomètre. Ce qu'on sait, c'est qu'ils avaient du talent et de l'ingéniosité ! Et Thomas savait les encourager !

 

Devrine


Le Musée des Arts et Métiers (CNAM) possède de Devrine une balance d'essai de 1809 accusant 1/20 de milligrammes par division. En dehors de cela, on ne sait pas grand chose de lui. IL a quand même construit le premier arithmomètre Thomas (T1822).

Arithmomètre de Devrine



Piolaine


Entre 1822 et 1844, aucune machine ne semble avoir été fabriquée. Thomas était sans doute très occupé par la gestion de ses assurances (Le Soleil et L'Aigle), dont il était le directeur général.
Notre arithmomètre refait surface en 1844 à l'Exposition Nationale de Paris. Plusieurs modèles ont semble-til été exposés mais on ne les a jamais retrouvé, malheureusement. En 1848, une machine, construite par Piolaine, sort des ateliers !
Le brevet de 1849 nous donne quelques éclaircissements à ce sujet :

« …Mr Thomas n’est pas mécanicien ; Il lui a fallu des ouvriers auxquels il devait expliquer ses idées, et après deux, trois années de travail, c’était à recommencer : les pièces étaient mal faites, les mouvements ne se faisaient pas régulièrement.Enfin Mr Thomas avait trouvé un jeune homme, Mr Piolaine, fils d’un horloger de Neuilly, qui fut chargé de compléter l’atelier de Mr Thomas, et de confectionner sous ses yeux, une machine sur un nouveau système. Bientôt, le jeune homme se dégoûta de cet ouvrage et partit en Angleterre. Pendant ce temps, Mr Thomas fit construire un arithmomètre en grand, mais l’ouvrier manqua plusieurs pièces : la machine ne fonctionnait pas.Toujours persévérant, il fit revenir, à ses frais, Mr Piolaine, d’Angleterre, et le chargea d’abord de faire fonctionner l’arithmomètre ; Celui-ci remania toutes les pièces, en refit un grand nombre, et il fut terminé en juillet 1848.
Cette machine marche parfaitement bien. Immédiatement après, on recommença une nouvelle machine sur un système plus simple. Le jeune homme fit une longue maladie à laquelle il succomba en 1848, sans avoir terminé ni celle qu’il avait commencé avant son départ pour l’Angleterre, ni celle commencé après l’achèvement de la grande.

Plusieurs ouvriers sont occupés pour terminer sous les yeux de Mr Thomas les deux machines commencées avant la mort de Mr Piolaine, et d’autres moins importantes ne tarderont pas à être confectionnées ; Elles donneront lieu à constater de nouveaux et importants perfectionnements.» Brevet N° 8282 du 25 avril 1849

 

Arithmomètre T1848, construit par Piolaine

 

Dans la presse, également, Piolaine est cité :

« … et ce n’est pas sans d’immenses difficultés que cet inventeur ( Thomas ) a pu atteindre ce merveilleux résultat ; car il n’est pas mécanicien, et il lui a fallu s’adresser à des ouvriers auxquels il devait expliquer ses idées, idées souvent peu mûres encore et que ces derniers ne pouvaient ni aider ni rectifier ni souvent même comprendre. Un seul, un jeune homme nommé Piolaine, fils d’un horloger de Neuilly, s’était montré assez intelligent et avait commencé une machine sur un système entièrement nouveau ; il allait l’achever, quand la mort la mort est venue le surprendre en 1848 . Cependant la construction en était assez avancée pour qu’on ait pu la terminer et que nous l’ayons vue fonctionner il y a quelques jours. » L’illustration N° 347 du 20 octobre 1848 

 

Arithmomètre de 1848 représenté dans "L’illustration"

 

 

Hoart

 

On dispose de peu d'informations sur Mr Hoart et sur la société Hoart & Cie .Voilà en quelques lignes ce que l'on sait.

1850
Novembre
Création de la Société à commandite par action Hoart & Cie, au capital de 1 MF. Thomas de Colmar en détient 60%.
1852
Première notice d'arithmomètre avec la mention « S'adresser à MM. Hoart et Cie / Au siège Social, 13, rue du Helder, à Paris » 
1857
Avril
Dissolution de la Société Hoart & Cie
1859
La revue Cosmos mentionne que les Arithmomètres Thomas sont vendus par Mr Hoart, 13, rue du Helder.
1865
Le brevet N°68923, en date du 30 septembre 1865 indique que Hoart est le fondé de pouvoir de Mr Thomas de Colmar
Extrait
« ... Il est délivré au Ch(evali)er Thomas de Colmar (Charles-Xavier) représenté par le S(ieu)r Hoart, à Paris, rue Clausel, 27, un brevet d'invention de quinze ans ....  » 
1880
Payen désormais est le fondé de pouvoir ! (Suite au décès de Hoart ?)
Extrait
« . Il est délivré au S(ieu)r Thomas de Bojano (Louis Nicolas André), Directeur général de la compagnie d'assurances " Le Soleil ", représenté par le S(ieu)r Payen, à Paris, 44 rue de Châteaudun ....  » 


 

Payen

 

Louis Payen est le plus connu des constructeurs d'arithmomètres. On pense qu'il est rentré dans les ateliers vers 1875. Après la mort de Thomas de Colmar, C'est son fils, Thomas de Bojano, qui reprend l'affaire j'usqu'en 1881, puis son petit fils jusqu'en 1887. C'est à cette période que l'arithmomètre prend vraiment son essor. La littérature est plutôt abondante sur cette période, ce qui est aussi révélateur. On sait qu'en 1880, Payen est déjà le fondé de pouvoir, comme cela est indiqué dans le brevet déposé en 1880. Début 1888, Payen reprend l'affaire à son compte et commence à aposer sur les machines son propre cachet. Les premiers modèles PAYEN (P1) sont identiques aux modèles Thomas, qu'il construisait d'ailleurs !! Et puis il lance de nouveaux modèles P2 et P3 jusqu'à ce que la mort ne vienne le prendre en 1901. Sa veuve Léontine reprendra le flambeau et déposera un brevet en 1907.Elle revendra ensuite l'affaire à Alphonse Darras en 1915.

P1
P2
   
P3
P4

 

Darras

 

On sait qu'en 1915, Veuve Léontine Payen revend le fond à Alphonse Darras, qui tient boutique 116 Boulevard St Germain, à Paris. Ce n'est pas un inconnu ! C'est un ancien de la "Maison Deschiens", qui fabriquait des compteurs depuis le années 1870. Darras aurait fabriqué des arithmomètres jusque dans les années 1920, mais les seuls arithmomètres que l'on a retrouvés à ce jour sont ceux inscrits à l' Inventaire Darras de Mars 1915. N'a-t-il pas tout simplement écoulé cette fin de production ?

Alphonse Darras

 

www.arithmometre.org
2013